Sculptures

Après avoir œuvré de longues années dans le domaine de l'édition jeunesse (voir l'onglet "Livres", je me suis rendu compte que mes envies se situaient désormais ailleurs.

Lors de mes visites dans les musées, en effet, c'était les sculptures qui captaient mon attention. J'avais pratiqué la sculpture (modelage) lors de mes études aux Beaux-Arts, mais à l'époque, c'était plutôt le dessin qui m'attirait. Alors, pourquoi ne pas retenter l'aventure ? 

Je me suis d'abord inscrite dans un atelier de modelage, où j'ai eu la chance d'avoir Paul Marandon, sculpteur d'expérience, comme guide. 

J'ai d'abord réalisé des portraits, copies de sculpteurs, anciens ou contemporains dont les œuvres me plaisaient, des portraits d'enfants, enfin toute une série de pièces qui n'avaient pas grand chose à voir les unes avec les autres. 

Il me fallait un thème, qui m'a été inspiré par ma visite au musée de Nagasaki : il y avait là, entre de multiples témoignages déchirants, une photo qui m'a émue aux larmes, celle d'un petit garçon, portant un bébé sur son dos, qu'il allait abandonner, comme les autres victimes, sur un lit de chaux vive. Ce fut donc le premier que j'ai sculpté, sur ce thème des enfants en souffrance par la faute de la violence des hommes. Ont suivi l'enfant du ghetto de Varsovie, puis d'autres, à Londres durant le blitz, puis cette petite japonaise, déportée dans un camp avec ses parents comme la plupart des japonais vivant aux États-Unis, après Pearl Harbor ; puis d'autres encore, en Afrique et ailleurs.

Photo de

Nagasaki, Septembre 1945

D'après une photo de Joe O'Donnel, qui se souvient : 

"The boy stood there for five or ten minutes. Then the men with the white masks came towards him and started to untie his strap. At this moment, I realized that this baby brother he was carrying was dead. The men gently held the baby's arms and legs and slowly put him into the hole where the hot stones are laid. 

... That moment, I realized that the boy was biting his lip and it was bleeding. He was biting hard as he gazed his little brother in flames. When the flames had calmed down, the boy turned on his heels and left the place silently." 

Le soulèvement du ghetto de Varsovie, commencé le 19 avril 1943, prit fin le

16 mai. "Forcés hors de leurs trous", ainsi fut légendée, par le SS responsable

des arrestations, pour son chef Himmler, la photo où se trouve ce petit

bonhomme en premier plan. Il ne prévoyait pas que cette image, dont l'auteur est resté anonyme, ferait de cet enfant, innocent et sans défense face à la barbarie, le symbole de toutes les victimes de la Shoah.